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| Bombardement de la tombe d'Hugo Chavez durant l'intervention US. |
Par Gabrielle Lefèvre (Journaliste, gauche, Belgique)
Publié le 3 janvier 2026 par Entre les Lignes
Dans le chapitre : « A. Hémisphère occidental : le corollaire Trump à la doctrine Monroe », on explique : « Après des années de négligence, les États-Unis réaffirmeront et appliqueront la doctrine Monroe afin de restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental et de protéger notre territoire et notre accès à des zones géographiques clés dans toute la région. Nous empêcherons les concurrents non hémisphériques de positionner des forces ou d’autres capacités menaçantes, ou de posséder ou contrôler des actifs stratégiquement vitaux dans notre hémisphère. Ce « corollaire Trump » à la doctrine Monroe est une restauration sensée et forte de la puissance et des priorités américaines, conformément aux intérêts sécuritaires des États-Unis. »
Le monde entier est donc prévenu : c’est « America First » et rien d’autre. D. Trump est très cohérent, contrairement à ce que ses propos pourraient parfois laisser penser.
L’analyse de Nicolas Maduro
Alors que les pressions s’accentuaient sur le Venezuela, le président Maduro était longuement interviewé par Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde Diplomatique, très fin connaisseur de l’Amérique latine et particulièrement du Venezuela. Ce pays suscite toutes les convoitises car il abrite la plus importante réserve de pétrole au monde. Il est en même temps un exemple d’expérimentation d’une politique de gauche « bolivarienne ». Un exemple très dangereux pour les Etats-Unis qui n’ont de cesse de traquer le communisme où qu’ils soit, en commençant par Cuba, puis le Chili avec le soutien au coup d’État sanglant contre Salvador Allende, la mise au pas de l’Argentine, du Brésil…
Le président Maduro est très lucide à cet égard. Voici ce qu’il disait à Ignacio Ramonet et que vous pouvez lire en intégralité ici.
« En réalité, nous assistons à une tentative de repositionnement des États-Unis comme puissance hégémonique dans un contexte géopolitique profondément transformé par l’impressionnante montée en puissance de la Chine et l’émergence des BRICS comme force décisionnelle mondiale. L’hégémonie exercée par Washington est de plus en plus contestée par ces puissances émergentes. Dans ce contexte nouveau, la Maison-Blanche et le Pentagone ont décidé de renforcer en priorité le théâtre d’opérations sécuritaire le plus proche du territoire états-unien, à savoir l’Amérique latine et les Caraïbes, leur ancien « arrière-cour »…
Il s’agit de réaffirmer la domination sur une région que, depuis 150 ans et depuis la doctrine Monroe [1823], Washington considère comme une sorte de « protectorat exclusif », avec une « souveraineté limitée » pour les pays de cette zone, dont le Venezuela. Une zone que le Département d’État considérait également, de 1945 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, comme une sorte d’« arrière-garde stratégique ».
Par cette pression et ces menaces contre le Venezuela, la nouvelle administration veut envoyer un message politique de force et de domination à tous les États du continent : « Nous sommes de retour ! L’Empire est de retour et nous allons reprendre notre place centrale et dominante sur ce continent ! » Mais le temps a passé et, comme je l’ai dit précédemment, le contexte géopolitique n’est plus le même. L’ère de la diplomatie de la canonnière est révolue. Il en va de même pour l’ère des coups d’État et des interventions militaires. L’époque de William McKinley et de Theodore Roosevelt ne reviendra pas. Quelle que soit la nostalgie que la Maison Blanche puisse leur porter…
Les centres de pouvoir se sont multipliés, et un phénomène inédit a émergé : le Sud global.
Par cette pression et ces menaces contre le Venezuela, la nouvelle administration veut envoyer un message politique de force et de domination à tous les États du continent : « Nous sommes de retour ! L’Empire est de retour et nous allons reprendre notre place centrale et dominante sur ce continent ! » Mais le temps a passé et, comme je l’ai dit précédemment, le contexte géopolitique n’est plus le même. L’ère de la diplomatie de la canonnière est révolue. Il en va de même pour l’ère des coups d’État et des interventions militaires. L’époque de William McKinley et de Theodore Roosevelt ne reviendra pas. Quelle que soit la nostalgie que la Maison Blanche puisse leur porter…
Les centres de pouvoir se sont multipliés, et un phénomène inédit a émergé : le Sud global.
Le Venezuela en fait partie et y compte de nombreux alliés, puissants. La consolidation du nouvel ordre multipolaire et multicentrique érode inévitablement l’influence géopolitique des États-Unis. C’est pourquoi ils voudraient faire du Venezuela un exemple, afin de décourager la formation d’alliances alternatives et pour contenir l’expansion d’autres puissances – les pays des BRICS (Chine, Russie et Inde) – dans cette région. Les néo-impérialistes de Washington veulent rétablir un contrôle politique et militaire exclusif pour reprendre le contrôle des principales ressources stratégiques de l’Amérique latine – pétrole, gaz, cuivre, lithium, terres rares, eau. Ils n’y parviendront pas. L’histoire suit son cours. Quelle que soit la force de leur nostalgie impériale, elle est loin d’égaler l’aspiration à la liberté et à la souveraineté de nos peuples. »
L’analyse de Maduro est confirmée par l’acte de gangstérisme commis par l’armée US, sur le modèle panaméen : en 1989 : les Etats-Unis avaient envahi le Panama et destitué le dirigeant militaire de l'époque Manuel Noriega. Ce dernier était un vrai trafiquant de drogue. Ce qui n’est pas le cas de Nicolas Maduro. Ce dernier circulait dans son pays sans la moindre garde, sans escorte militaire et souvent en conduisant lui-même sa voiture. Pas vraiment l’attitude d’un « tyran » ainsi que le qualifient D. Trump et son administration.
On peut ne pas aimer le communisme version bolivarienne de Maduro, on peut avoir peur pour ses privilèges de classe possédante face au pouvoir des villageois. Mais rien ne justifie l’usage de la force contre un Etat, contre une population non armée qui ne commet aucun acte d’agression.
La vérité est sans doute que le modèle bolivarien, comme le fut le modèle chilien sous Allende, est la véritable menace pour la caste des riches de ce monde. Le modèle de la « commune » est le vrai danger pour les Etats-Unis. Voici ce qu’en dit Ignacio Ramonet dans cette interview prémonitoire :
« Depuis 2010, avec son célèbre cri « Commune ou rien ! », Hugo Chávez a imaginé le projet politique du nouvel « État communal ». C’est-à-dire l’État démojcratique du pouvoir populaire… Depuis lors, les communes se sont multipliées. Elles constituent « une forme d’organisation et de participation citoyenne où les communautés s’autogèrent et prennent des décisions sur leur développement local par le biais d’organes tels que le Parlement communal et le Conseil d’économie communale ». Les communes sont autonomes, elles s’autogèrent et, comme l’a réitéré le président Maduro : « Aucun gouverneur, aucun maire, aucun ministre ne peut prétendre coloniser les communes. Les communes doivent être autonomes, indépendantes, autogérées, puissantes, libres, souveraines et rebelles. Elles ne peuvent se laisser coloniser par personne. »
L’analyse de Maduro est confirmée par l’acte de gangstérisme commis par l’armée US, sur le modèle panaméen : en 1989 : les Etats-Unis avaient envahi le Panama et destitué le dirigeant militaire de l'époque Manuel Noriega. Ce dernier était un vrai trafiquant de drogue. Ce qui n’est pas le cas de Nicolas Maduro. Ce dernier circulait dans son pays sans la moindre garde, sans escorte militaire et souvent en conduisant lui-même sa voiture. Pas vraiment l’attitude d’un « tyran » ainsi que le qualifient D. Trump et son administration.
On peut ne pas aimer le communisme version bolivarienne de Maduro, on peut avoir peur pour ses privilèges de classe possédante face au pouvoir des villageois. Mais rien ne justifie l’usage de la force contre un Etat, contre une population non armée qui ne commet aucun acte d’agression.
La vérité est sans doute que le modèle bolivarien, comme le fut le modèle chilien sous Allende, est la véritable menace pour la caste des riches de ce monde. Le modèle de la « commune » est le vrai danger pour les Etats-Unis. Voici ce qu’en dit Ignacio Ramonet dans cette interview prémonitoire :
« Depuis 2010, avec son célèbre cri « Commune ou rien ! », Hugo Chávez a imaginé le projet politique du nouvel « État communal ». C’est-à-dire l’État démojcratique du pouvoir populaire… Depuis lors, les communes se sont multipliées. Elles constituent « une forme d’organisation et de participation citoyenne où les communautés s’autogèrent et prennent des décisions sur leur développement local par le biais d’organes tels que le Parlement communal et le Conseil d’économie communale ». Les communes sont autonomes, elles s’autogèrent et, comme l’a réitéré le président Maduro : « Aucun gouverneur, aucun maire, aucun ministre ne peut prétendre coloniser les communes. Les communes doivent être autonomes, indépendantes, autogérées, puissantes, libres, souveraines et rebelles. Elles ne peuvent se laisser coloniser par personne. »
Publication originale : Entre les Lignes - Zooms Curieux
